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| Juin 2012 | ||||||||||
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Au bout du petit matin
Tout écorchés vifs par les embruns,
Saignant de leurs lèvres écarlates
Phalanges se fissurant avec hâte,
Ils regardaient ce bout de mer.
Si longtemps parcouru pour un bout de terre.
Trop rude pour en arriver à cela.
Voir nos frères morts, étendus là.
Sable, cercueil pour moribonds
Sable dans les yeux. Scaphandre pour le fond.
Les profondeurs abyssales renferment les âmes perdues
De tous nos illustres inconnus,
Morts d’avoir trop rêvé,
D’avoir idolâtré cette terre aimée.
Terre d’accueil
Terre cercueil.
Pour nous autres candidats à l’émigration
Sinistre concours de perdition,
Scrutant notre embarcation de fortune
Ce tombeau à ciel ouvert, écrasé contre la dune.
Mon nom est perdu à jamais,
Sans que personne y prête intérêt.
Tous mes frères morts, donnés en pâture
Aux rapaces rôdant au-dessus de leurs corps impurs
Toutes ces souffrances pour me renvoyer là-bas
Revivre dans les pas de mes pas,
Dans mon pays, ce mouroir autonome
Qu’on dit sans cesse demandant l’aumône,
Exsangue de mon courage et de ma dignité
Combien d’entre vous ne le sauront jamais?