| Novembre 2009 | ||||||||||
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l'Autobus
Témoin de la fourmillière, complice du rythme incessant des villes, fédérateur d'un brouhaha, l'autobus nous acceuille, froidement au premier abord, puis avec chaleur ensuite, mais par la force des choses, la chaleur vient, soit du fait que le bus est bondé, donc dégage une température excessive, soit de l'autre fait, que nous même, mal à l'aise parce que le bus est bondé, notre corps dégage une température excessive...
Sa grande porte s'ouvre béatement, comme une gueule prête à nous ingurgiter.
Des gens ressortent de l'autre côté afin de descendre, signe du bon fonctionnement digestif de cet animal urbain.
l'Autobus se délecte de l'affluence, se ravît des odeurs corporelles. Il idôlatre sa lumiere blafarde la nuit.
Il nous avale, puis nous défèque en se réjouissant d'être un gros mangeur. Ce long tube digestif, dôté de roues, arpente la ville en quête d'égarés, tentant par tous les égards de cacher sa gloutonnerie.
l'Autobus nous transporte dans un monde où l'on s'observe, où l'on se toise. Un monde où l'on baisse les yeux, bercés par les histoires en friche des petites mammies. Un univers où l'on s'interroge parfois sur la vie, la destination de ceux qui nous accompagnent dans ce trajet. Que va t'elle faire? Où va t'il? Quelle est son histoire? Pourquoi paraît-il si étrange? Celui-ci, je l'ai déjà vu.
Nous sommes des aliments pour autobus, qui, lui même, est alimenté par le travail, les banlieues, les courses, les vols de vélos...
l'Autobus crie parfois au scandale du gavage mais seulement quand il fait grève de la faim. cruel paradoxe. J'ai toujours sû que le bus était bourré de paradoxes, d'ambiguïté, de névroses en tout genres. Son caractère boulimique transpire, il suinte la dépression. Je vais l'emmener voir un psy.