Jeudi 3 avril 4 03 /04 /Avr 22:42

 

 


La coquecigrue.

Un coq, si grue, chapeauté d'une herbe folle clamait à qui mieux mieux à toute cohue, son élégance des plus cocasses. Cette galéjade avait don d'exaspérer les consciences, et une cohorte avait tôt fait de juguler le pauvre gandin.

Triste et décontenancée, la pauvre bête errait dans les rues pensant à toutes ses déconvenues.

C’est alors qu'il aperçut un ver cuisant sur le trottoir. Il se pencha allègrement afin de le considérer. Il s'en releva amoureux... inutile de fomenter là-dessus, il ne tint pas son silence et lui dit prestement:

- "Petit ver missel, toi si lisse et si simple, tu m'abasourdi devant tant de magnificence. Je veux devenir comme toi."

Cette abnégation soudaine fût une révélation. Le petit ver cuisant, désinhibé par cet intérêt  nouveau qu'on lui portait décida de l'escorter.

- "Quelle sera notre quête? Nous ne sommes que deux être raillés et rejetés de cette peuplade…"

- "Nous allons chercher un nouveau monde et disparaitre de celui de perdition," articula t'il avec emphase.

Cette grandiloquence des propos le convainc de quitter son caniveau.

Ne pensant nullement à une facétie issue d'une faconde, il s'assura tout de même que les choses ne se dérouleraient pas dans un partage léonin, et, qu'ainsi, il ne se retrouverait pas dans un rôle subalterne.

Ce drôle de convoi, d'humeur folâtre, se mit en route vers des horizons meilleurs, se complaisant dans leur misanthropie valable.

Ils marchaient, cahin caha,  l'un nu comme au premier jour, l'autre paré d'atours.

Au premier croisement, un choix crucial se fit sentir: quel chemin prendre? À droite, le nommé "voie des oubliettes", à gauche, celui du "pince-oreille des hurle vent".

Après réflexions non succinctes, "les oubliettes": quoi de mieux comme exutoire vers une vie meilleure que d'en repartir en ayant eu soin de se délester de sa peau de soucis, qui grandissait de jour en jour, d'une manière prépondérante.

Le chemin était suave, des senteurs poivrées soutenaient l'air.

Au détour d'un chemin, ils croisèrent un prélat se prélassant, antiphonaire à la main, godillots sur les oreilles, gants de boxe aux pieds, l'air déconfit.

- "Par eau propre, dit-il, je veux dire par opprobre, excusez moi mais dans notre contrée, nous nous enrhumons à l'envers… je vais donc vous indiquer  le lieu-dit  "les soucis démantelés" des mantes religieuses, qui se chargeront de manger vos poisses angoisses, afin que vous puissiez repartir sans surseoir à votre départ. Puis l'étrange personnage détale dans les dédales sirupeux de l'air ergonomique.

Ils poursuivent ainsi leur chemin, tentant d'éliminer une quelconque félonie de la part du prélat.

La route s'arrêta  net débouchant sur une bouche mal embouchée qui leur dit d'une voix de stentor:

- "Où souhaitez vous déboucher? Petits débauchés?!"

Forts du détail apporté par le personnage aux oreilles godillochées, ils annoncèrent qu'ils souhaitaient pénétrer dans les oubliettes afin d'y rencontrer les aimantes mantes qui, religieusement, ôtent les peaux de soucis...

 Sans atermoiements, la bouche s'ouvrit, afin qu'ils puissent pénétrer dans l'antre. Ce manque de tergiversations les étonna. Ça n'était pourtant pas une action vénielle! Mais bel et bien une totale disparition d'eux-mêmes! Du moins tels qu'on les avait toujours connus...

Ils débarquèrent dans une petite salle ténébreuse, leurs pieds étaient immergés dans un liquide tièdo-mucilagineux.

L’endroit était abscons et la peur commençait à poindre. Le fait est, qu'ils n'étaient heureusement pas assez pusillanimes pour abandonner maintenant.

Quelques instants plus tard, une sorte d'animal anoure et aurifère vint les chercher en leur demandant de le suivre.
 

Le chemin emprunté était labyrinthique, sombre, parsemé de lucioles en guise de lumière.
Une odeur étrange, indicible, emprisonnait leurs narines.

Ce labyrinthe déboucha dans une voûte stellaire ineffable.
Tout ce qui avait été inepte pour eux jusqu'à ce moment s'effaça devant la beauté de ce lieu qui les laissait coi.

Ils s'acagnardèrent donc dans cet empyrée...

Ils restèrent dans ce lieu, on ne sait combien de temps, goûtant la sérénité, ne pensant à rien, j'jusqu’a ce que l'anoure revienne les chercher. Il leur fît comprendre, dans un idiome abstrus, de bien vouloir le suivre, attendant une abréaction de leur part.

Ils auraient voulut permaner toute leur vie ici, tout semblait tellement infrangible!

Le fait est, que ça n'était pas la réalité, leur conscience avait été volontairement modifiée. Ce lieu avait manipulé leur esprit afin de leur faire connaître ce qu'était l'état de paix. Leur tâche serait maintenant d'ouvrir leur propre conscience et d'y arriver seul.

Le travail commença aussitôt : en effet, une abasie soudaine les contraint de développer un effort incommensurable pour suivre l'anoure.

Un peu endormis, ils traversèrent de longs tunnels flavescents, se sentant comme dans une esperluette: empruntaient-ils toujours le même chemin?

Ils étaient d'humeur égrillarde et se pensaient idoine à repartir, mais leur périple n'était pas fini. Refusant toute velléité, ils s'aheurtaient tout de même à leurs souvenirs, ce qui leur valait quelques angariades...

Le groupe s'emboucha dans un long couloir accore, puis ils arrivèrent, pantelants, dans une grande salle où une sorte d'acridien, trônant, les accueillit.

- "Enchanté de faire votre connaissance, dit-il, d'un ton acerbe. Peu de vivants ont tentés de découvrir le véritable chemin de la liberté, vous allez vous abonnir ici, et retrouver une certaine équanimité entre les différents mondes. Ad jov principium!

Sur ces mots il leur donna un julep d'Hellébore, qu'il qualifia doué de vertus analeptiques.

Quelques instants plus tard, une douce sensation caléfactive monta en eux, elle eût un effet parégorique quasi-immédiat sur leurs émotions. Ils comprenaient peu à peu qu'ils étaient dans une sorte de microcosme, un petit monde résumant tout l'univers, dont on leur offrait la clef de la compréhension. Tout cela s'opérant d'une manière plus ou moins tacite.



Voilà, c'est le début de mon histoire, la suite n'est pas encore écrite. Mais si vous l'avez appréciée, faites le moi savoir, ça me donnera peut-être l’envie de continuer! Tous les commentaires sont les bienvenus, y compris négatifs bien sûr... à bientôt.     

Par brebiscrado - Publié dans : brebiscrado
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