Jeudi 17 janvier 2008
Assis chez moi, ni triste, ni gai, je soupire en scrutant le soupirail qui me sert de fenêtre.
Le bruit envahissant de la ville, de ses vils trottoirs, où trottent moult foultitudes m'exaspérait, exacerbé par mon envie de voir disparaitre tous ces gens, qui cherchent à paraître.
Telles ces amantes mantes, qui, religieusement, ôtent la vie de celui avec qui elle vient de partager, sans soucis, sans crainte, la réalité glaçée sonne le glas.
Comme elles, je veux profiter, sans réels profits, de moments où je ne dois plus rien à personne.
Et, au fond, ce qui résonne en moi, c'est que pour réussir à ne plus me sentir redevable, il fallait que je les supprime.  C'est le choix ultime que j'ai trouvé. Le dilemne d'un dilettant.
Bien evidemment, j'en étais parfaitement incapable. je ne suis pas un assassin, je n'essuie pas mes mysanthropies de cette manière là.
Non, j'admirais mon administration adipeuse de vivre mon vice viscéral.
Tout se passait dans ma tête, têtue, entêtée par son atêtement à détester les gens, qui se délestaient de leurs responsabilités d'humain.
Et, d'une main, je fermais les rideaux afin d'occulter mon soupirail.
Et, assis, chez moi, sûrement triste, et sûrement gai, je m'efforçais de ne pas subir ma solitude, en me donnant le sentiment d'exister et d'exciter les convoitises, sans mégarde, je m'egare.
Tellement de personnages vivaient en moi, des gens de passages, pas très sages, des hommes, des femmes, des incompris, des introvertis, des caractériels, des religieux.
Tout un tas d'irréels, dont je ne voyais jamais les yeux.
Tout un tas d'encombrants que j'aurais aimé jetter à terre pour les faire taire.
  
Par brebiscrado
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