Ô toi femme que j'ai tant aimé, que j'ai tant apprivoisé en te glissant chaque jour sur mon papier, l'encre guidé par les traits de ton visage maintenant egaré maintenant comme une empreinte.
tu es là assise constante à entendre au loin les incessants palabres qui t'entourent
on a toujours eu des mots cruels pour les filles de mauvaise vie
tu m'as rendue la mienne tellement belle
Ô toi femme que j'ai tant désiré, poussé par le tumulte, l'excitation jubilatoire des nuits sans fins, orchestrées par ton corps sur lequel je m'attable sans feindre d'avoir faim.
la bougie dessine tes courbes affolantes que j'ai possédé tant de nuits. tu ne fus parfois qu'un corps, une passerelle pour assouvir mes envies de plaisirs
le jour tu reprends tes droits, comme une boussole tu me domine par ton indispensable regard, grand perdu que je suis.
et, à nouveau, je te couche sur ma toile.
tout me parait limpide, je pense à nos débauches nocturnes, et, malgré tout, toujours je te peindrais avec tact et amour.
Ô toi femme, rhizome de mes vies, fille de passage, grande dame que tu es, à qui je rend toute sa dignité, ici et maintenant par mes oeuvres éternelles.