La machine à mots
Clic-cloc, clic-cloc, le cliquetis claque comme une cloque. Cette clique de mots virevolte en claudiquant.
Clic-cloc, clic-cloc, la machine est rouillée, les rouages grincent, peinent autant qu’ils le peuvent.
Et tout s’enchaine. Les mots fusent, les mots filent… sans hémoglobine, rassurez-vous…
Cric-crac, cric-crac, on est rik rak ici. La machine croque toutes ces criques de mots. Elle les mélange pour les rendre heureux, puis les colle sur le front des gens.
Des caisses pleines de « minuscropique », « poudloup », « crabard » (mélange entre un crabe et un canard, faut-il vraiment le préciser ?) et « motobelette » viennent s’entasser un peu partout.
Clip-clap, clip-clap, ça y est fume comme une clope. C’est reparti pour un tour, elle dodeline du réservoir, et nie tout en bloc de surcroît.
Voilà maintenant que Mâdame se met à produire des mots truculents !
Et vlan ! Elle les jette par terre ! bling, gling, dis donc, ça swingue par ici !
« Flavescent, tièdo-mucilagineux, coquecigrue, billevesées, brachygraphie et trichotillomanie ! »
Mais avec des mots pareils, la fabrique va se noyer ! Et dans son propre jus en plus !
Vous croyez qu’il faut la débrancher ?
Oh… si j’étais vous, je ne m’y risquerais pas…